Découverte d'un dépôt monétaire exceptionnel à Dijon

UNE DÉCOUVERTE REMARQUABLE !

C'est une trouvaille qui fait parler d'elle ces derniers jours dans le milieu de l'archéologie et plus particulièrement dans la numismatique.
Découvert en Janvier 2019 mais présenté seulement fin mai 2019, le dépôt monétaire de Saint-Bénigne en plein coeur du Dijon médiéval étonne. Non par la quantité de pièces de monnaies présentes (une trentaine et un bijou en or et émail), mais plutôt par l'intérêt numismatique qu'il constitue. En effet, ce dépôt fait ressortir la place importante de la cité Bourguignone dans l'économie et le commerce Européen de la fin du XVe siècle.

UN TRÉSOR DE 34 MONNAIES D'OR ET D'ARGENT

Découvert lors d'un diagnostic archéologique à proximité de l'Abbaye Saint-Bénigne dans le centre historique de Dijon, le dépôt monétaire se constitue de 24 monnaies d'argent, 10 monnaies d'or et un pendentif en or sur lequel repose les initiales D et V en émail vert et blanc. La composition des monnaies est très hétéroclite mais respecte cependant une période relativement restreinte qui permet de dater l'enfouissement de ces monnaies à la toute fin du XVe siècle, probablement par un marchant Dijonnais.
Échantillon des monnaies d'or et d'argent du dépôt de Dijon. Denis Gliksman | INRAP 

UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE PARTICULIER

Cette découverte reflette le brassage économique de la région au XVe siècle. En effet, Dijon est situé à la conjonction de plusieurs routes commerciales importantes à la fin du Moyen-Age. Desservant les états du Saint-Empire (Duché de Brabant, Savoie, Palatinat), les principautés italiennes (Milan, Ferrare, Venise, ...) et le Royaume de France, cette mixité économique et monétaire se retrouve dans le dépôt de monnaies de Saint-Bénigne.

INTERDICTION DES MONNAIES ÉTRANGÈRES DANS LE ROYAUME DE FRANCE

La plupart des monnaies présentes dans ce dépôt étaient interdites par le roi Charles VIII et n'avaient pas cours dans le royaume. Les rois de France de cette époque avaient pour habitude d'interdire ces monnaies étrangère et les confisquaient afin de les fondre et d'en fabriquer de nouvelles avec les armoiries royales de poids et donc de valeur inférieure.
C'est probablement l'une des raisons pour laquelle le propriétaire de ce pécule a voulu l'enfouir dans les soubassements de son habitat, plus particulièrement sous les latrines, dans le but de les récupérer dans le futur.
Mise en scène du trésor dans leur coffret de bronze. Denis Gliksman | INRAP

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